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Légionnaire colombien

il y a 6 heures
3 min de lecture

Ils avaient capturé un otage ; hélas pour eux, c'était un képi blanc !

Le 6 août, José Olger Melo Charry, un légionnaire franco-colombien, est pris en otage alors qu'il circule sur une route du département de Nariño, dans le sud-ouest de la Colombie. Caporal depuis quatre ans à la Légion étrangère, il avait profité d'une permission pour retourner dans son pays natal.


Les responsables de cet enlèvement ? Des dissidents des FARC, groupe aujourd'hui dissous, qui ont refusé de signer l'accord de paix de 2016 avec le gouvernement. Ils sont dirigés par le guérillero le plus recherché de Colombie, connu sous le nom d'Iván Mordisco.


Principalement impliqués dans le trafic de drogue et l'exploitation minière illégale, ils ont recours aux enlèvements pour extorquer de l'argent ou faire pression sur les autorités.

Ces dernières ont changé ; depuis début août, c'est le président Abelardo de la Espriella, partisan d'une droite dure, qui a été élu.


Depuis son arrival au pouvoir, avec le soutien des États-Unis, il affiche une politique de lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants.


Ce que ne savaient pas ces rebelles, c'est qu'ils n'avaient affaire ni à un homme quelconque, ni à un bobo parisien venu bavasser sur l'avenir des tribus autochtones. En face d'eux se trouvait un soldat surentraîné sachant mettre en action les paroles du chant : « Être et durer ».


En effet, un mois plus tard, notre légionnaire faussait compagnie à ses kidnappeurs. Ayant demandé à être conduit à l'écart pour faire ses besoins, une fois seul avec son gardien, malgré ses mains entravées, il le maîtrisa et lui prit son fusil. Toujours les mains liées, notre « caporal épinglé » de 35 ans sauta dans une rivière et s'enfuit.


Après avoir réussi à se défaire de ses liens, il marcha pendant quatre jours à travers une région des Andes colombiennes particulièrement inhospitalière où opèrent des groupes armés impliqués dans le trafic de drogue.

Il a plus tard expliqué :

« Chaque fois qu'une moto passait, je me cachais derrière des rochers ou grimpais dans un arbre. »


Il a aussi indiqué avoir pris un repas chez un paysan sans s'attarder, craignant d'être dénoncé aux guérilleros. Sa fuite lui a permis de contacter sa famille par téléphone. Celle-ci a informé les forces de l'ordre colombiennes qu'il s'était évadé et marchait dans me montagnes. Une source des forces armées a aussi révélé que le légionnaire était considéré comme un « gros poisson » par les guérilleros et qu'il était resté ligoté, pieds et mains liés, pendant la majeure partie de sa captivité.


D'après un journal colombien, notre caporal a été conduit, accompagné de sa famille, dans un centre médical. Il y est demeuré en observation plusieurs jours et s'avère aujourd'hui en bonne santé.


Une source militaire a déclaré que s'il a survécu, c'est « grâce à sa formation militaire et à son appartenance à la Légion étrangère ».

Selon le ministère français des Armées, le soldat, qui ne dispose pas de la nationalité française, avait un permis l'autorisant à résider en France métropolitaine, mais pas à se rendre en Colombie.


En droit militaire, ce soldat ayant quitté le territoire sans ordre ou autorisation peut être poursuivi pour désertion à l'étranger. La peine maximale théorique pour un tel délit en temps de paix est de 5 ans d'emprisonnement.


J'espère que, vu son héroïsme, il ne sera condamné qu'à quelques jours d'arrêt. La justice est assez indulgente pour des faits d'une tout autre gravité pour s'acharner sur lui. D'ailleurs, il suffit que le ministre de la Défense assimile son périple à un stage en Guyane, en forêt équatoriale, et le tour est joué.


En conclusion, on peut en déduire que nos képis blancs sont plus efficaces que nos énarques pour se sortir d'un mauvais pas. Ils feraient un malheur face à la DZ Mafia. On le voit, la Légion, ce n'est pas l'Éducation nationale ; elle forme des cadors. Dommage qu'il n'y ait pas un classement PISA pour l'armée.


Jean-Pierre Fabre-Bernadac (Président d'honneur de Place d'Armes)

 
 
 

13 commentaires


roland brisinger
roland brisinger
il y a 30 minutes

Je ne suis pas entièrement d'accord avec vous ... Avoir réussi à fuir dans de tels conditions est certe élogieux, mais il serait interessant de savoir pourquoi ce Caporal s'est retrouvé en Colombie sans en avoir l'autosisation. Ce n'est pas comme si il avait découché pour aller faire la fête en ville . Avait-il l'intention de deserter ? Sans aller jusque là .. Il à désobéi aux odres et ce ne sont pas 4 jours d'arrets qui sont prévu dans le règlement . Il doit etre mis aux arrets ce sont ses superieurs qui doivent juger de la sanction. Si chaque soldat décide de rentrer chez lui en sachant qu'il fera 4 jours pour solde de tout compte , parce…

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henri vollin
il y a une heure

Ce caporal a commis une faute : partir en Colombie sans autorisation était contraire à la discipline militaire , et cela doit être clairement dit. Mais je veux aussi saluer son courage , son engagement et sa volonté de mettre ses connaissances et son expérience au service de ce qu’il estimait être une juste cause. Si j’avais encore eu à exercer une autorité sur lui , je lui aurait dit ( Caporal , vous avez désobéi. Quatre jours d.arrêt pour vous rappeler que , dans l,armée, la discipline n’est pas facultative . Mais pour le reste , je salus votre courage. Ne recommmencez pas !) Le condamner lourdement me semblerait disproportionné. Notre pays sait parfois se montrer sévère avec ceux…


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bouillot marie-ange
bouillot marie-ange
il y a 4 heures

Bravo a ce militaire

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Dominique Blum
Dominique Blum
il y a 5 heures

Il faut se réjouir que ce militaire qui a passé 4 ans à la Légion étrangère

ait réussi à échapper aux FARC en Colombie.

Cependant, Monsieur, vous le soulignez, il n'aurait pas dû s'y trouver,

ayant gravement désobéi aux règles de ladite Légion. La Colombie,

son pays d'origine, donc, est le premier pays producteur de cocaïne

et inonde l'Europe de ce poison, à commencer par la France.

Je ne suis donc pas d'accord avec votre suggestion de tromper la

justice en déclarant que le périple du soldat était "un stage en forêt

équatoriale.... et le tour est joué"...

Non, cela me dérange. Sans qu'on lui inflige la peine maximale, il

faut trouver autre chose, qui ne corresponde pas à la…

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olivier53gedon
il y a 5 heures

Classement PISA pour les armées, quelle bonne idée !


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