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Instruction publique versus éducation nationale

il y a 33 minutes
2 min de lecture

Tribune libre du général Roland DUBOIS




Je possède un trésor, vieux de 150 ans. Un manuel d’»éducation morale et instruction civique à l’usage des écoles primaires, cours moyen et supérieur » ; c’est le titre même du manuel. Il était dans les mains des instituteurs et des élèves de 1883, Monsieur Jules Ferry étant alors ministre de l’instruction publique et des beaux-arts. Il parle de tout ce qui fait que la vie en société est possible : devoirs envers les parents, envers les maitres, envers la patrie, respect des lois, politesse, générosité, lutte contre la paresse, l’alcoolisme, respect des croyances etc. C’est une mine dont devrait s’inspirer la future et urgente réforme des programmes scolaires.


Mais à l’occasion des proches cérémonies du 11 novembre qui nous verra rendre hommage à nos anciens tombés pour nous, j’en ai extrait ce qui suit :


"Lorsque le monument France paraissait chanceler, un cri d'angoisse sortait de toutes les poitrines. Il n'y avait plus ni gens du Nord, ni gens du Midi, ni paysans, ni bourgeois, ni gentilshommes. Il n'y avait que des Français jaloux de conserver non seulement le territoire national, mais le trésor également précieux de la civilisation française".

On y lisait encore "n'oubliez, mes enfants, aucun des grands noms de cette généreuse histoire. Ne distinguez pas entre eux, ne créez pas de catégories. Qu'ils vous soient tous également chers et sacrés ! Et Dugesclin, le gentilhomme, et Jeanne d'Arc, la fille du paysan, et Richelieu, le prince de l'église, et Condé le prince du sang, et Colbert le bourgeois, et Vauban l'ingénieur, et Kleber, le fils de l'ouvrier terrassier […]. Défendre la patrie menacée, c'est plus qu'un droit, c'est le devoir le plus sacré du citoyen".


Remarquons que contrairement à ce qu’on entend partout, l’école ne doit pas nécessairement être cantonnée au domaine de l’instruction, l’éducation étant laissée aux parents, dont beaucoup d’ailleurs ne sont aujourd’hui guère mieux armés que leur progéniture. La troisième république, et même la quatrième, n’avaient pas peur de parler de morale. Ceux de ma génération se souviennent qu’en arrivant en classe le matin, l’instituteur avait déjà écrit, à la craie au tableau noir, le titre de la leçon de

morale du jour. L’ »instruction publique » éduquait donc aussi. L’ »éducation nationale » ne fait plus qu’instruire et mal.


Monsieur Jules Ferry est réputé père de l’école gratuite et obligatoire. Il est honoré pour cela, et c’est mérité. Accessoirement il a été aussi ministre des colonies, et à ce titre un des artisans de la conquête de l’Indochine. Donc vilipendé à l’époque par la gauche et surnommé le Tonkinois. Personnellement je ne lui en veux pas pour ça. Mais on n’en parle plus guère.

Je suis un pur produit de l’école publique républicaine. Je n’ai personnellement rien à lui reprocher. A mon grand âge, je me souviens encore avec émotion du nom de mes instituteurs. Mais ça c’était avant. Aujourd’hui, des syndicats de l’enseignement osent justifier l’absence du corps enseignant et de leurs élèves aux cérémonies du 11 novembre, au prétexte que la « militarisation » des esprits en serait favorisée. Quelle infamie pour eux, et quelle déchéance pour notre pays.


Je suis triste.

 
 
 

1 commentaire


Dominique Blum
Dominique Blum
il y a 12 minutes

Mai 68 est passé par là, général Dubois, et nous ne sommes pas près

de nous en remettre. Avec l'entreprise de désarmement des esprits---

et de la nation. Il revient aux maîtres, et aux familles, de faire machine

arrière, et ce n'est pas gagné. L'on peut voir cependant, ici et là, des

initiatives individuelles qui montrent que tout espoir n'est pas perdu.

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