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Message du général Coustou à l’occasion du rassemblement des responsables de Places d’armes à Montau

Le général Coustou, vice-président de Place d’armes, l’un des tout premiers signataires et l’une des cibles de choix de la vindicte du gouvernement, prend la parole pour rappeler les grandes lignes de l’affaire de la lettre, écrite par le capitaine Jean-Pierre Fabre-Bernadac, que les médias ont appelée la lettre « des généraux ». Il aborde la question des représailles du gouvernement contre les généraux ayant signé la lettre et qui s’étaient exposés au regard de leurs concitoyens.

Après que soixante et un généraux ont signé cette lettre ouverte, le ministère les a contactés un par un pour leur demander s’ils maintenaient leur signature, on croit rêver !

Mais un si grand nombre d’officiers généraux à sanctionner aurait sans doute fait désordre, d’où une sélection arbitraire des six qui s’étaient exprimés dans les médias.

Pour ce qui est de la suite, puisque des menaces de sanctions sont brandies, a été adressé au Premier ministre, un « recours administratif préalable en vue de l’abrogation ou de la rétractation de plusieurs articles du code de la Défense » qui sont en contradiction avec le droit.

Je le rappelle, ceux à qui est déléguée la souveraineté et donc l’autorité en vertu de l’article six de notre constitution, ne sont pas fondés à en abuser.

Il reste à voir sur quel droit se repose le gouvernement pour me poursuivre de ses foudres, car je suis retraité, je ne suis plus en disponibilité.

L’avenir nous dira où est le droit, mais il conviendrait quand même en 2021 que tous ceux qui s’expriment sur les militaires cessent de les traiter comme des paillassons au motif d’un devoir de réserve suranné qui tenterait de les empêcher de s’exprimer surtout quand le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal affirme à Valeurs actuelles en mentionnant notre lettre que : « Le constat d’un délitement de la société est très largement partagé dans notre pays ».

Notre cri d’alerte est partagé par beaucoup de personnes. Elles sont les premières à craindre un bain de sang si nous ne prenons pas les mesures qui s’imposent tout de suite.

On peut faire une exception pour Jean-Luc Mélenchon qui a lu dans la lettre un appel à l’insurrection et qui a demandé au procureur de Paris de lancer des poursuites contre nous.

À juste titre le magistrat a classé sans suite ce signalement qui n’est rien d’autre qu’un effet de manche en direction des médias, car à aucun moment dans notre lettre il n’est question d’appel à l’insurrection, bien au contraire.

À la suite d’une intervention de Marine Le Pen pas très réfléchie appelant à la rejoindre, le gouvernement a tenté une sortie en masse avec quelques perles au passage comme Roselyne Bachelot qui parle d’une tribune de « vingt généraux en retraite » ou de la ministre de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher qui fustige « un quarteron de généraux en charentaises qui appellent au soulèvement ». Cette dernière, pour inconnue au bataillon qu’elle soit, fait l’objet d’une plainte pour ses propos mensongers et diffamatoires auprès de la cour de justice de la République qui juge les fautes commises par des ministres.

Quant au président de la République : silence radio. Soit il n’a rien à dire, car tout va bien en France, soit il craint d’abonder en notre sens comme l’a fait son porte-parole.

Comme je le disais, faute de poursuivre la soixantaine de camarades qui ont signé la lettre, le ministère concentre son courroux contre moi et cinq autres généraux. Nous sommes passés devant le Conseil supérieur de l’Armée qui a entendu nos arguments avant de communiquer un avis au président de la République qui décidera des sanctions à appliquer.

L’exercice sera délicat, car outre ma personne, je suis retraité et d’aucune façon je ne dépends du ministère des Armées, le général Martinez est un candidat déclaré aux présidentielles de 2022. Macron va-t-il sanctionner un de ses opposants ?

Enfin, l’évocation du grade si souvent reprochée s’impose au contraire par loyauté vis-à-vis d’anciens subordonnés préparés en leur temps pour faire la guerre, c’est-à-dire être prêts à donner leur vie en cas de circonstances exceptionnelles pour la France.

Se débiner alors que la France est en danger de mort justifierait au contraire d’être blâmés par ceux qui avaient accordé leur entière confiance à leurs anciens chefs.

Les militaires n’ont pas à avoir honte de leur grade, quel qu’il soit, ni à regretter cet appel au secours adressé « à nos gouvernants » qui pour la plupart n’ont jamais pris le moindre risque physique, auraient de ce fait mérité de se montrer plus discrets.

Pour vous faire sourire, parmi les reproches qu’on nous fait figure celui d’avoir terni l’image de l’Armée.

Que devrait-on dire quand le président lui-même, chef des Armées, a ridiculisé l’Armée et la fonction présidentielle en s’affichant aux Antilles avec des éphèbes ?

Les péripéties juridiques qui nous affectent ne doivent pas nous faire perdre de vue l’objectif principal. Nous sommes là pour combattre. Chacun à sa place fera son devoir.

Pour que vive la France, on continue le combat !

Général (2S) André Coustou

1 commentaire

1 comentario


Roland MAYET
Roland MAYET
18 feb 2022

Très bien dit.

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